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OBO immobilier (owner buy-out) EN

Financement & dette Rédigé par un expert en évaluation immobilière Mis à jour en septembre 2026

Aussi appelé : Owner buy-out · OBO · Vente à soi-même · Cession à sa propre SCI · Refinancement par cession à une société contrôlée

Vente à soi-même : le propriétaire cède son bien à une société qu'il contrôle, laquelle l'achète à crédit. Il encaisse le prix, la société rembourse avec les loyers. Un refinancement patrimonial, pas une opération sans impôt.

L'essentiel

  • L'owner buy-out immobilier consiste, pour un propriétaire, à vendre un bien qu'il détient en direct à une société — SCI à l'IS ou holding — dont il est l'associé majoritaire, la société finançant l'achat par emprunt bancaire. Le vendeur perçoit le prix, donc des liquidités immédiates pour d'autres projets ou pour sa retraite ; la société devient propriétaire, met le bien en location et rembourse le crédit avec les loyers, en amortissant l'immeuble et en déduisant les intérêts.
  • Se calcule ainsi : Liquidités dégagées = prix de cession − plus-value imposable × (19 % + 17,2 %) − remboursement du crédit initial éventuel ; la société supporte prix + droits de mutation (≈ 7-8 %), financés par emprunt
  • Pour un patrimoine constitué, c'est la seule façon de rendre liquide un immeuble sans le vendre à un tiers ; pour la fiscalité, c'est un remplacement de l'impôt sur le revenu foncier par l'IS et l'amortissement. Le point de bascule est la plus-value : un OBO sur un bien détenu depuis moins de quinze ans coûte souvent plus qu'il ne rapporte.
  • Aussi appelé : Owner buy-out · OBO · Vente à soi-même · Cession à sa propre SCI · Refinancement par cession à une société contrôlée

Qu'est-ce que « OBO immobilier (owner buy-out) » ?

L'owner buy-out immobilier consiste, pour un propriétaire, à vendre un bien qu'il détient en direct à une société — SCI à l'IS ou holding — dont il est l'associé majoritaire, la société finançant l'achat par emprunt bancaire. Le vendeur perçoit le prix, donc des liquidités immédiates pour d'autres projets ou pour sa retraite ; la société devient propriétaire, met le bien en location et rembourse le crédit avec les loyers, en amortissant l'immeuble et en déduisant les intérêts. Le montage transforme un actif immobilier peu liquide en trésorerie disponible, et fait repartir un bien amorti sur une nouvelle base d'amortissement. Il déclenche en revanche une vente au sens fiscal : plus-value immobilière chez le vendeur, droits de mutation chez la société, et il n'est licite que si la société a un intérêt propre et une réalité économique.

Comprendre OBO immobilier (owner buy-out)

L'OBO vient du monde de l'entreprise (cession de titres à une holding de reprise) ; transposé à l'immobilier, il répond à trois besoins : dégager des liquidités sans se séparer économiquement du bien, réamorcer l'amortissement d'un immeuble détenu depuis longtemps, et organiser la transmission en logeant le bien dans une société dont les parts se donnent ou se démembrent plus facilement qu'un immeuble. Sa licéité tient à trois conditions rappelées par l'administration et la jurisprudence : un prix de marché justifié (d'où l'expertise préalable), un intérêt réel pour la société (revenus locatifs suffisants pour le crédit), et un motif autre que fiscal (liquidité, transmission, réorganisation) — un OBO dont le seul effet serait d'effacer une imposition tombe sous l'abus de droit. Le coût d'entrée n'est pas négligeable : droits de mutation sur le prix, frais bancaires, plus-value si le bien est détenu depuis moins de trente ans, et à la sortie la société à l'IS ne bénéficiera d'aucun abattement pour durée de détention. La banque, enfin, regarde le montage comme un crédit d'investissement locatif classique : elle exige un apport, souvent constitué par une partie du prix laissée en compte courant d'associé, et des loyers couvrant l'annuité.

Formule

Liquidités dégagées = prix de cession − plus-value imposable × (19 % + 17,2 %) − remboursement du crédit initial éventuel ; la société supporte prix + droits de mutation (≈ 7-8 %), financés par empruntLe prix doit être le prix de marché : une vente à soi-même à prix minoré est requalifiée en donation déguisée ou en acte anormal de gestion. L'expertise indépendante de la valeur est la pièce qui protège le montage.

Exemple chiffré

Un investisseur détient depuis 25 ans un immeuble locatif payé 300 000 €, aujourd'hui valorisé 900 000 € et libre de crédit. Il le vend 900 000 € à sa SCI à l'IS, qui emprunte 970 000 € sur 20 ans (prix + droits). La plus-value est exonérée après 22 ans d'IR et 30 ans de prélèvements sociaux — ici il reste des prélèvements sociaux réduits ; il encaisse environ 850 000 € nets et la SCI rembourse 5 100 €/mois avec 6 500 € de loyers. Le bien est ré-amorti sur 30 ans dans la SCI, ce qui neutralise l'IS pendant des années.

Pourquoi c'est important

Pour un patrimoine constitué, c'est la seule façon de rendre liquide un immeuble sans le vendre à un tiers ; pour la fiscalité, c'est un remplacement de l'impôt sur le revenu foncier par l'IS et l'amortissement. Le point de bascule est la plus-value : un OBO sur un bien détenu depuis moins de quinze ans coûte souvent plus qu'il ne rapporte. L'expertise indépendante n'est pas une formalité : c'est ce qui rend le prix défendable devant l'administration.

Expliqué simplement

En clair

Tu possèdes un immeuble. Tu le vends à ta propre société, qui emprunte à la banque pour te le payer. Toi, tu reçois l'argent tout de suite ; ta société rembourse la banque avec les loyers. Tu gardes l'immeuble (par ta société) et tu as de l'argent en plus — mais tu paies les impôts d'une vraie vente.

Passer à la pratique

Chiffrer le coût du crédit

Mensualité, coût total des intérêts et effet de l'apport.

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