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Coefficient d'énergie primaire

Performance & patrimoine Rédigé par un expert en évaluation immobilière Mis à jour en août 2026

Aussi appelé : Coefficient de conversion en énergie primaire · Coefficient EP · Facteur d'énergie primaire · Énergie primaire / énergie finale

Facteur qui convertit l'énergie consommée en énergie primaire pour classer un logement au DPE. Abaissé de 2,3 à 1,9 pour l'électricité au 1ᵉʳ janvier 2026.

L'essentiel

  • Le DPE ne note pas l'énergie que le compteur enregistre (l'énergie finale) mais l'énergie qu'il a fallu mobiliser pour la produire et l'acheminer (l'énergie primaire). Le passage de l'une à l'autre se fait par un coefficient : 1 pour le gaz, le fioul ou le bois, et 2,3 pour l'électricité jusqu'au 31 décembre 2025.
  • Se calcule ainsi : Énergie primaire (kWh/m²/an) = énergie finale × coefficient de conversion — 1,9 pour l'électricité depuis le 01/01/2026 (2,3 avant), 1 pour les autres énergies
  • C'est le rare paramètre administratif qui déplace une valeur sans toucher au bien. Une classe gagnée, c'est une décote de valeur verte qui s'allège et, pour un logement F, une interdiction de location repoussée — donc un loyer qui redevient perçevable.
  • Aussi appelé : Coefficient de conversion en énergie primaire · Coefficient EP · Facteur d'énergie primaire · Énergie primaire / énergie finale

Qu'est-ce que « Coefficient d'énergie primaire » ?

Le DPE ne note pas l'énergie que le compteur enregistre (l'énergie finale) mais l'énergie qu'il a fallu mobiliser pour la produire et l'acheminer (l'énergie primaire). Le passage de l'une à l'autre se fait par un coefficient : 1 pour le gaz, le fioul ou le bois, et 2,3 pour l'électricité jusqu'au 31 décembre 2025. L'arrêté du 13 août 2025 l'abaisse à 1,9 pour les DPE établis à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, au motif que le mix électrique français est très largement décarboné. Les seuils de classement, eux, n'ont pas bougé : un logement tout-électrique inchangé gagne mécaniquement jusqu'à une classe.

Comprendre Coefficient d'énergie primaire

Le diagnostic de performance énergétique raisonne en énergie primaire, c'est-à-dire en énergie prélevée sur la ressource, et non en énergie livrée au logement. Pour l'électricité, le coefficient de conversion traduisait historiquement le rendement du parc de production : il fallait 2,3 kWh d'énergie primaire pour livrer 1 kWh au compteur. L'arrêté du 13 août 2025 ramène ce coefficient à 1,9 pour tous les DPE établis à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, en cohérence avec un mix électrique décarboné à plus de 90 %. Trois conséquences pratiques. D'abord, les seuils de classement étant inchangés, l'effet est purement arithmétique : un logement tout-électrique gagne jusqu'à une classe sans aucun travaux, et l'ordre de 850 000 logements quittent le statut de passoire. Ensuite, les DPE établis avant cette date restent valables jusqu'à leur terme, mais leur étiquette relève de l'ancienne règle : le propriétaire peut obtenir gratuitement une attestation d'étiquette actualisée auprès de l'observatoire de l'ADEME, sans refaire le diagnostic. Enfin, et c'est le piège pour quiconque agrège des données, un parc de diagnostics mélange désormais deux règles de calcul : comparer une étiquette de 2023 et une étiquette de 2026 revient à comparer deux barèmes, et toute part de passoires calculée sur un stock ancien est surestimée sur le segment tout-électrique. Pour l'évaluateur, la vigilance porte sur la date : citer une classe sans dire sous quel coefficient elle a été établie expose à une contradiction immédiate, le propriétaire pouvant produire une attestation portant une autre lettre pour le même logement.

Formule

Énergie primaire (kWh/m²/an) = énergie finale × coefficient de conversion — 1,9 pour l'électricité depuis le 01/01/2026 (2,3 avant), 1 pour les autres énergiesLe coefficient ne s'applique qu'à la part électrique de la consommation : un logement chauffé au gaz avec un ballon d'eau chaude électrique n'est concerné que sur ce ballon. Et la classe reste la plus mauvaise des deux lectures — énergie primaire et émissions de gaz à effet de serre : un logement qui progresse sur l'axe énergie peut rester bloqué par son étiquette climat, auquel cas la réforme ne lui apporte rien.

Exemple chiffré

Un studio tout-électrique consommant 380 kWh/m²/an d'énergie finale était compté 380 × 2,3 ÷ 2,3 = 380 kWh/m²/an d'énergie primaire sous l'ancien coefficient, soit la classe F. Recalculé à 1,9, il ressort à environ 314 kWh/m²/an, soit la classe E — sans un euro de travaux. À l'échelle nationale, le ministère chargé du logement estime que l'ordre de 850 000 logements sortent ainsi du statut de passoire énergétique.

Pourquoi c'est important

C'est le rare paramètre administratif qui déplace une valeur sans toucher au bien. Une classe gagnée, c'est une décote de valeur verte qui s'allège et, pour un logement F, une interdiction de location repoussée — donc un loyer qui redevient perçevable. À l'inverse, un acquéreur qui négocie une décote de passoire sur un logement tout-électrique diagnostiqué en 2023 négocie peut-être sur une étiquette qui n'a plus cours. Vérifier la date du DPE avant d'en tirer une conséquence de prix est devenu un réflexe de méthode.

Expliqué simplement

En clair

Le DPE ne compte pas l'électricité que tu consommes, mais tout ce qu'il a fallu produire pour te l'amener. Avant, on multipliait par 2,3 ; depuis 2026 on multiplie par 1,9, parce que l'électricité française pollue peu. Résultat : certains logements chauffés à l'électricité passent à la classe du dessus sans que rien n'ait changé chez eux.

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